• Promenade à l'odeur marine [En cours/Privé]


    Vendredi 28 Décembre 2018 à 00:03
    tsunn

    Après sa rencontre avec Félixine, Elfège se décida à partir, rentrer chez lui et vaquer à ses occupations. Sa fin de journée et son lendemain risquaient d'être chargés. Mais, en cherchant son chemin, il se perdit dans ses pensées et dans la région d'Alderon.

    Il marcha bien longtemps, emprunta certainement bon nombre de raccourcis et l'aide de quelques passants allant dans la capitale. Il était des moments dans sa vie où il oubliait ce qu'il devait faire et prenait au hasard des chemins somme-toute aléatoires.

    Arrivé au port, il fut submergé par l'atmosphère salée et humide. Ses cheveux ne tardèrent à devenir quelque peu poisseux et emmêlés. Le vent s'amusait à divaguer entre les passants, jouant avec leur long manteau, et petits objets, les faisant virevolter dans l'air. Les pavés glissaient, mouillés de par les vagues éclaboussantes et les pluies diluviennes du littorale d'Ayrith. Les personnes se pressaient pour se couvrir ou, au contraire, appréciaient cette eau sur leur épiderme, ainsi que le pétrichor mêlée au parfum du chlorure de sodium.

    Elfège s'attardaient à dévisager le monde, et le paysage. Il était planté comme un con, sur un trottoir bondé de gens. Le bruit des pas martelait le sol et ses oreilles se laissèrent envahir par ce rythme indéchiffrable. Il pouvait entendre les voix mais pas comprendre ce qu'elles disaient, il pouvait entendre les talons claquer sur le sol, mais pas deviner leur direction, il pouvait entendre les bateaux, les vagues mais pas en déterminer la distance. Il était submergé.

    Et en ouvrant les yeux, en quittant ses sens, il en émergea. Tout reprit son sens : l'océan d'être humain et la foule de vague. Des têtes écumaient de-ci, de-là, et resteront à jamais des souvenirs flous et inconnus. Les bateaux slalomaient à l'horizon, trouvaient leur chemin dans cette étendue de bleue. Tout semblait moins impressionnant, moins vivace. Et il s'étonna de cela, qu'en prenant conscience de l'existence de quelque chose, il en devenait alors moins présent.

    Il regarda alors ses pieds et son reflet difforme. Il frotta le sol de sa chaussure et eu pour simple effet de dégager un peu d'eau.

    « Que faire ? »

    Il se posait monstrueusement la question. Il leva le regard, cherchant un visage amicale à qui parler. Il en vit un, au loin. Il hésita à rejoindre la dite personne. Il fit un pas, un autre, et en regardant ailleurs, espérait faire "comme si" cette rencontre était fortuite.

    Vendredi 28 Décembre 2018 à 15:24
    Fidaè

    Zacaé se trouvait debout, adossée à un mur de pierre mouillés. Ses cheveux raides descendaient en pic, aplatis par l'eau. Comme les jours de pluies qui nous mouillent jusqu'aux os. Voilà une bonne heure qu'elle ne bougeait plus, frissonnant à chaque courant d'air maritime. Sa respiration était encore nerveuse, et son visage peu détendu. Ses yeux perçants fixaient chacun des passants et pourtant, elle paraissait détachée de ce qui l'entourait. Perdue dans ses pensées, elle se répétait sa vengeance et son plan d'attaque pour la nuit prochaine. La plupart des personnes savaient qu'on ne s'attaquait pas à une meute de loup-garou mais entre eux, les batailles n'étaient pas rare. Les Althib devaient faire leur place au plus vite dans cette nouvelle contrée avant d'être honteusement repoussés. La jeune femme ne ressentait aucune crainte à l'idée de combattre une autre meute vivant déjà sur les terres mais il fallait faire preuve de tact et d'anticipation. Se montrer plus malin. Le rythme régulier et apaisant des vagues s'écrasant violemment contre le port l'aidait à réfléchir. Si elle aurait put se transformer en loup, ça aurait été encore mieux mais il était mal vu pour son espèce de prendre forme animal en pleine ville. L'humain les regardaient assez de travers au quotidien.. Fatiguée, Zacaé renversa lentement sa tête en arrière jusqu'à ce que le mur la retienne. Ses cheveux suivirent le mouvement et dévoilèrent son cou meurtrie. Une morsure saignait encore, proche de sa mâchoire et tachait sa tunique de cuire brune. Sa pommette étaient barrée d'une griffure et, une fois qu'on y faisait attention, son avant bras était également mordu. Se sang peinait à sécher, au vu de l'humidité et les gouttent s'écoulaient quelques fois au sol. Vite lavé par une pluie salé qui s'abattait à nouveau sur le port. 

    Alors qu'elle parcourait une nouvelle fois la foule, son regard croisa celui d'un homme aux yeux bleu vairons qui l'avait également regardé. Elle lui esquissa un sourire en coin sans grande signification. 

    (j'aime beaucoup ta manière d'écrire ! elle est fluide ^^)

    Lundi 31 Décembre 2018 à 02:23
    tsunn

     

    Elfège mit du temps à déceler l'œillade de la demoiselle. Au départ, il crut qu'elle n'avait pas bougée, était restée une statut, que ses yeux avaient confondus son imagination avec la réalité. Puis, il trouva étonnamment étrange que cela puisse être d'un tel réalisme. Enfin, il se laissa persuader, qu'au fond, elle l'avait bien regardé.

    Il lui arrivait souvent d'être déconnecté, de ne pas voir, quand bien même il observait, comme si le monde était une longue série d'image qu'il voyait mais ne traitait pas. Tout pouvait se passer devant lui, il pouvait énumérer tout un tas de détail, mais cela ne resterait qu'un rébus incompréhensible. Parfois, il doutait même de sa propre existence, s'il avait bien un impact physique dans ce monde. Et pour l'heure, le seul moyen de s'essayer à vérifier cela était de parler à la demoiselle.

    Sa première étape fut d'essayer d'analyser. Il plissa les yeux mais les gouttes ne tardèrent pas à embuer sa vue. Il cligna et se frotta atrocement les yeux. Elfège appréciait tant cette sensation, utiliser le bas-paume de sa main et masser vigoureusement ses paupières fermées en des ovales vifs et imparfaits. Il aimerait continuer jusqu'à trouver pourquoi il aime tant ce contact. Mais, il se souvint de la fille et du s'abandonner à ce geste.

    La vision éclaircit, il constata le corps ensanglanté et humide, qui passait presque invisible aux yeux de tous tant les passants regardaient le sol pour éviter de se prendre la pluie dans les yeux. Il trouva cela assez paradoxal : « éviter d'avoir de l'eau dans les yeux, mais regarder si peu ce qui les entourent », songea-t-il.

    Ainsi, supposa-t-il, elle devait avoir eu une veille mouvementée. Et, une myriade de questions lui vinrent à l'esprit : a-t-elle été poursuivis par de dangereux criminels ? où est-ce elle ? peut-être s'agit-il d'une férue d'escalade et ses blessures sont le résultats d'une chute ? elle se mutile ? peut-être fut-elle prise dans une bataille sanguinolente ? serait-elle maladroite ? suit-elle des cours pour apprendre à jongler avec des couteaux ? du lancée de haches ? elle taillait du bois ? pourquoi ? une maison, du feu ? et pourquoi du feu, provoquer un incendie ? serait-elle une dangereuse psychopathe ? mais en ces cas-là, comment être sûr que ses blessures sont dû à une manipulation de hache bancale ou à une bagarre à arme blanche ?

    En toute logique, sa deuxième étape fut de calmer son cerveau quelque peu envahissant. Et, en troisième, il choisit d'adresser la parole. Il s'avança, zigzaguant entre les gens. Il était à contre-courant et bouscula plus d'une personne sans s'en rendre compte. Il se sentait timide et ignorait comme amorcer la discussion. Il essaya la simplicité, teinté d'une certaine maladresse verbale

    «Salutation. Comment se porte le mur derrière vous ? »

    Il doutait de la pertinence de son jeu de mot et un éclair zébra le ciel, succédé par un son assourdissant. Il lui sembla alors que la météo confirmait ses suspicions quant à son humour. Il lança un regard vers la cloison qui s'imprégnait d'une teinte grisâtre.

    "Quel beau temps", songea-t-il. Il trouva la pluie assez poétique.

    (Merci !!)

    Lundi 31 Décembre 2018 à 12:07
    Fidaè

    Zacaé l'avait suivit des yeux le temps qu'il la rejoignait sans chercher à bouger. Il était de toute manière trop difficile de se mouvoir ici et elle tenait à garder son coin de tranquillité où personne ne venait la bousculer. Si, le temps qu'Elfège jouait des épaules pour la rejoindre, ce qui ne la dérangeait pas, un autre homme manqua de la percuter. Il regardait le sol sans doute pour éviter la nouvelle pluie et les gouttes d'eaux salés qui brûlent les yeux. Mais il releva la tête en voyant la main ensanglantée apparaitre soudainement dans son champ de vision. Sautant en arrière, il croisa son regard qui le fixait de manière très mécontente. Ce qui n'eut pas pour but de le rassurer et lancer un "ce n'est rien. Bonne continuation". Il dut ravaler à deux fois sa salive. Cette personne ne lui disait rien qui aille. Il bredouilla une excuse et s'éclipsa au plus vite. Zacaé eut un nouveau sourire en coin. Elle aimait plus que toute cette sensation de puissance qu'elle avait sur les autres. Voir certains baisser le regard. Voir qu'elle inspirait une certaine crainte. Elle était ivre de cette sensation. C'était le même plaisir que de courser une proie, lui sauter dessus et enfoncer ses dents dans la chaire pour serrer la colonne vertébrale de sa mâchoire puissante. Ah ! que d'adrénaline ! Que de plaisir. Elle n'eut pas le temps de penser à ce rêve qu'elle réalisait quelques soirs car Elfège approchait d'elle. Il était un peu plus grand qu'elle et lui obligea à lever légèrement les yeux. Un fin sourire amusé se dessina à nouveau sur ses lèvres. Elle en avait couramment, des sourires, mais ils s'effaçaient très vite. Elle regarda un cour instant le mur avant de reposer ses prunelles oranges vives sur lui.

    - Je pense qu'il se porte très bien. Le pauvre est toujours éclaboussé des vagues froides. Je tenais à le réchauffer. Au moins sur la partie que j'occupe.

    Etant donné sa nature, Zacaé avait toujours le corps chaud. Bouillonnant de son sang de loup. Ses habits suivant les saisons n'étaient porté que par principe et lui évitait de paraitre plus étrange encore. Elle poursuivit, ouverte à la conversation.

    - Mais vous, voilà longtemps que vous rêvassez ici. N'avez-vous toujours pas froid ?

    Elle l'avait déjà repérer à son arrivé, comme elle avait observer l'arrivée de la plupart des passants. Elle l'avait ensuite perdu de vu, ne s'intéressant pas particulièrement à chacun des inconnus et avait continuer son repérage inutile de ses regards circulaires. Pour enfin croiser le croiser à nouveau.

    Il n'avait pas les yeux atypiques des loups garous ou des vampires. Des espèces qui ressentaient rarement le froid. C'était la raison de sa question, qui, de ce fait, ne devait pas être trop énoncer avec maladresse. Du moins, elle l'espérait. 

     Elle le détailla rapidement un peu plus. Son tin était halé et sa barbe recouvrait sa mâchoire. Ses yeux plutôt clair contrastait au sombre de ses poils. Enfin, de ses cheveux, ses sourcils et sa barbe. Il était bien coiffé, malgré la pluie et drôlement bien vêtue. Il ne devait de toute évidence pas être pauvre, au contraire. Elle faisait plutôt tâche à côté avec ses cheveux mal lavé, retombant négligemment sur ses épaules comme des pics, ses habits d'une simplicité presque repoussante. 

    Vendredi 4 Janvier à 00:42
    tsunn

    (Bonne année et désolé pour mon retard. Je ferai en sorte d'être plus rapide les prochaines fois)

    Elfège se délesta de l'eau sur son visage et put observer plus scrupuleusement le visage de cette personne. Il ne procédait jamais à pareil entreprise, mais  il devait avouer que son visage l'intriguait. Ainsi, il se perdit dans la constellation de tâches de rousseurs, les yeux pour soleil de ce système, la bouche en serait la voie lactée. Il qualifiera ce minois comme une galaxie. Une galaxie somme toute carmin de par les nombreuses blessures sur le corps et notamment sur la gorge. De loin, il n'avait pas pu le remarqué, mais se trouvant désormais assez près d'elle, il ne put s'empêcher de constater la profondeur des impactes.

    Cette vive considération de son interlocuteur ne dura que quelques instants.

    « Pourquoi n'ai-je pas froid, répéta-t-il

    Il est vrai que Elfège aurait pu avoir tout le temps d'avoir froid. Or, il se sentait à l'aise avec la fraicheur environnante. Il s'est souvent sentit familier avec les températures basses, plutôt qu'élevées. Généralement, l'humidité et la chaleur lui donne l’impression 'étouffer, ses nuits sont de longues successions d'insomnies. Il se souvient encore de ces moments nocturnes à tourner dans son lit, partagé entre ses propres sensations et celles de la végétation. Il ne pouvait le nier, en tant qu'être humain, ses sens primaient sur le reste. Il en venait à des réflexions sur l'existence, le bonheur ou encore la morale tant le sommeil tardait à l'accompagner. Il a finit bons nombres de ses nuits allongés dans des champs pour se bercer des ressentis de la nature. Cela l'aidait un peu. Il sentait alors les racines s'imbiber d'eau, couverts de la terre. Il sentait les fourmis, les insectes se frôler contre les plantes, il avait presque l'impression de percevoir la gravité s'exercer sur la végétation. L'oxygène, le vent, le bruissement des champs. Il lui semblait y appartenir, faire part entière de ce monde. Il aimait ces instants. Il s'en délectait.

    Et en ce jour, il faisait froid, il n'avait point besoin de ces moments, mais il lui semblait toujours se sentir plus plante qu'être humain. Malheureusement, il n'a rien d'un végétal. Et, il était à l'aise aujourd'hui.

     

    – Le temps m'est plutôt clément, j'ai tendance à mieux m'habituer à ce genre de météo. En toute logique, les temps estivaux sont une réelle souffrance pour ma personne. Je peux ainsi conclure que je n'ai nullement froid. Et je vous retourne la question, n'avez-vous pas froid ? »

     

    En y pensant, il est vrai que beaucoup de paramètres pouvaient le forcer à être frigorifier, la pluie, le vent, ses vêtements trempées et peu imperméables, le crépuscule naissant. Mais, cela ne lui suffisait pas. Pour avoir froid, il devait sentir le givre sur ses lèvres, la glace dans ses cheveux, et les morsures de l'hiver dans sa chair. Pour l'heure, il n'était que bercé par un peu de sympathie maritime, et d'écume virevoltante et en détournant son regard, il aperçut ce paysage magnifique.

    Les nuages se paraient de teintes orangées et rosées. Le soleil éblouissant l'horizon en une couronne étincelante. Le saphir du ciel tirait sur l'azur, la mer un miroir troublé de ce spectacle. Les côtes au loin délimitait des formes obscures et nettes.

    Vendredi 4 Janvier à 10:15
    Fidaè

    (Ne t'en fais pas, c'est normal d'avoir une vie à côté ;) Bonne année à toi aussi) 

    Zacaé prit un temps de réflexion, plongeant le début de conversation dans un silence de quelques petites secondes. Elle laissa son regard suivre celui d'Elfège et se prit à apprécier également les teintes roses orangées que prenaient les nuages au loin. Annonçant la fin proche de l'averse qui avaient mouillée jusqu'au os les passants. Le soleil descendant perçait également à la pointe de l'horizon, informant ainsi le début de soirée. Pour Zacaé, cette constatation n'était pas de réjouissance car elle allait prochainement devoir retrouver sa meute et schématiser un plan d'attaque qui les mèneraient à la victoire. Bien que la perspective de la bataille  ne lui fasse ni chaud ni froid, celle de n'avoir toujours pas trouvé de plan ne la rassurait pas. Elle se surprit à espérer que l'homme debout à ses côtés l'inspire plus que les passants et le mouvement des vagues. 

    La louve reporta son regard sur lui en essayant d'entrevoir un peu plus son espèce. En vain. Il ne devait pas être humain, pour ne pas avoir froid et paraissait très observateur de ce qui l'entour. Les vampires sont trop reconnaissables à leurs yeux et leur tint pâle. S'il en était un, voilà longtemps que la foule se serait écartée de manière plus que raisonnable pour ne pas être bousculé ou griffé. En outre, une bagarre aurait fait rage au port. Ange ou démon était également à bannir en l'absence de ses ailes dans le dos. Mage, triton ou élémentaire, faire la différence lorsqu'ils cachent tous leurs atouts est bien compliqué. Elle élimina cependant le mage de la liste au vu de froid. Maintenant, triton était possible car l'eau paraissait l'apaisé et lui faire le plus grand bien. Mais les élémentaires pouvaient également avoir cette affinité. 

    Enfin, elle répondit sans trop tarder à sa question, en toute honnêteté.

    - Le sang chaud des loups coulent dans mes veines. Il m'assure une chaleur corporelle toujours plus ou moins égale quel que soit la température, en particulier les températures froides. J'exclue tout de même les celles extrêmes, il y a une limite à tout. 

    Elle détailla son visage, pour essayer d'analyser ses pensées ou sentiments mais elle s'avoua vaincu. Il était de toute évidence quelqu'un en contrôle continuel de lui même pour laissait entrevoir si peu de ses songes. Ce n'était pas un homme expressif de toute évidence. Mais cela lui convenait tout autant car les personnes trop expressive l'irritaient et lui donnaient cette envie folle de leur clouer le bec et leur dessiner un sourire de sang remontant jusqu'aux pommettes avec une phrase explicative  "comme ça, tu ne seras pas obliger d'ouvrir aussi grand ta bouche pour me faire passer ton contentement. A peine et on observera déjà tes dents." Ce souvenir lui arracha un sourire discret. 

    Lundi 7 Janvier à 11:50
    tsunn

    (Il est vrai, mais j'aimerai gagner en spontanéité, regarder la réponse de l'autre et me dire "je sais ce que je peux écrire". Mais merci :) )

     

    Elfège fut surpris et à la fois éberlué par cette réponse. Il est vrai que tous les indices étaient présents pour qu'il comprenne qu'elle était bien lycanthrope, surtout ses blessures qui désormais ressemblaient plus à des griffures, de longs sillons ensanglantés, et ses yeux perçants. Tout maintenant semblait être l'essence même d'un loup, il lui semblait presque qu'elle se métamorphosait sous ses yeux, mais il n'en était rien. Elle était toujours adossée au mur, l'allure nonchalante et décontractée.

    Il se ressaisit un peu, reprenait contenance.

    "Bigre, comment ai-je pu passer à côté de pareil évidence", songea-t-il, plein de reproches envers lui même.

    « Oh, je vois, sur ces mots, il prit le carnet qui était dans son sac et nota quelques informations, il lui manquait tant de chose à apprendre. Il lui semblait être ignorant, et essayait au quotidien, d'un peu plus ouvrir les yeux. Puis-je me permettre de vous demander quel est votre prénom et que faites-vous ici ? »

    Sa question n'avait rien d'accusateur ou suspect, il souhaitait seulement apprendre à connaître. Il s'est toujours demandé comment autrui pouvait, avec tant d'aisance, engager des conversations incroyables avec des inconnus. Il avait vécu cela dans sa jeunesse, des personnes qui venaient l'accoster et avaient ce potentiel de sociabilisation. Parfois, Elfège eut essayé de répéter ses phrases, mais il fut pris pour une personne bien étrange. Il en conclue que l'apparence, l'idée, l'image que l'on donne de soit était un facteur important. Malheureusement, il ne savait pas contrôler ces paramètres, modifier ce que les autres perçoivent de lui.

    Mais il faisait avec et tentait la simplicité. Il n'eut jamais été grand adepte de la complexité, du charabia, du pompeux. Poser des questions dont les réponses pouvaient varier d'une phrase pré-faite et somme toute stupide, tout en allant à la longue tirade se prêtait peu à une discussion qu'il pouvait suivre. Dans la première condition, il n'avait aucun intérêt à échanger avec une personne qui répète et ne traduit pas ses pensées dans le langage, et dans l'autre, il se serait rapidement trouvé perdu, ayant un niveau d'attention plutôt défaillant.

    En toute logique, les petits échanges du quotidien lui correspondaient plus. Les gens y mettent moins de barrières, se prêtent plus au jeu de la rencontre avec l'autre.

    Mardi 8 Janvier à 21:12
    Fidaè

    (tu veux dire que tu ne réponds pas tout de suite parce que tu n'es pas inspirée immédiatement et prends le temps de réfléchir à ce que tu vas répondre ? désolé de la réponse moi aussi tardive, mais j'ai beaucoup de travail en ce moment…) 

    Zacaè se sentit dévisager mais n'en fut nullement gênée. Elle avait assez confiance en elle pour ne plus prendre en compte les regards plus ou moins indiscret. Mais très vite, ce fut elle qui prit la relève et l'observa avec attention noter soigneusement quelques mots sur son carnet, qu'il venait de sortir. Ca par exemple ? Elle n'avait encore jamais vu personne avoir un tel comportement si ce n'est lors de de rencontre officielles. Des rencontres importantes au niveau du travail en autre. Et s'il était en plein travail ? Elle plissa un instant les yeux en le détaillant à nouveau. La méfiance avait soudainement prit les commendes et lui fit serrer la mâchoire tendis qu'un déluge de suppositions déroulait dans sa tête. Etais-ce un homme payé pour réduire en miette sa meute ? Un homme payé par une famille qui aurait put subir un meurtre qu'elle aurait commit en temps que tueuse à gage ? Une famille assoiffée de vengeance donc ? Et Elfège se devait de recueillit des informations afin de mieux les cerner ? Etais-ce possible que sous ce masque de gentil homme bienveillant et innocent se cache un dangereux meurtrier ? Elle avait combattu un loup de l'autre meute il y a quelques heures. Serait-il alors incapable au point de refiler le sale boulot de vengeance à quelqu'un ? Ou alors, ce loup c'est surement douté que Zacaé n'en resterait pas là est serait de la bataille de territoire. Voulait-il alors avoir le plus d'information pour mieux les anticiper au moment venu ?

    La jeune femme ne s'efforça pas à abaisser ses soupçons et, au contraire, les écouta attentivement. Elle se promit alors de ne plus rien lui dire jusqu'à preuve du contraire. Elle s'était totalement fermée et avait verrouillé les portes. Son visage avait perdu l'éclat de la conversation de la nouvelle rencontre et affichait un autre bien plus froid. Une dernière pensée la traversa quelques secondes avant qu'Elfège ne relève la tête : C'était trop gros. Un "espion" de ce genre n'allait pas exhiber sa tâche si facilement. Actrice, elle reprit alors un léger sourire et une mine interrogative en observant le calepin quand l'homme reposa ses prunelles bleues sur elle pour… L'interroger ?   De manière presque protocolaire ou règlementaire. 

    L'idée que ça manière de se comporter ne pouvait qu'être simplement maladroite, comme au début de leur conversation où il lui avait laissé cette impression lui effleura l'esprit mais elle y répondit par l'éventualité d'une mascarade, une mise en scène. 

    Quelques secondes s'écoulèrent alors qu'il attendait sa réponse. Elle se força à sortir de ses songes et répondit sans laisser transparaitre le moindre sentiment. Son ton s'était fait plat et son visage (malgré ses effort) était d'une neutralité impressionnante. 

    - Je m'appelle Zacaé. dit-elle tout de même sans crainte de révéler son identité. Elle laissa volontairement le reste de sa réponse en suspens avant d'ajouter avec plus de naturel 

    - Et vous ? Comment vous nommez-vous ? 

    Cela ne représentait peut-être rien mais elle comptait dévier le sujet et serait plutôt contente s'ils se mettaient à parler de lui plutôt que d'elle. Les mensonges ne sont jamais net au contraire de la vérité et s'il venait à mentir sur lui, elle pourrait le voir immédiatement. Peu de personnes arrivaient à se forger une identité irréprochable si ce n'était pas la leur. A l'exception des grands espions ou personnes de cette catégorie. Les mythomanes également mais il y avait souvent une petite faille à trouver. 

    Vendredi 11 Janvier à 23:45
    tsunn

    (Alors, oui, bon pour ce commentaire-ci et le précédent, non, c'était par faute de temps mais les autres, oui. Et en fait, plus je me dis "je vais faire plus tard", plus je le reporte à plus tard, donc j'ai décidé d'arrêter de "prendre mon temps" et de faire preuve de plus de spontanéité)

     

    Elfège rangea son carnet avec soin, chaque geste était décomposé de sorte que tout s'assemblait comme un orchestre. Ses doigts s'agitaient habilement, bien que son crayon de bois faillit lui échapper des mains. L'objet vola en l'air, et dans une tentation de le reprendre, il parvint à le ressaisir. Sa maladresse ne le quitterait pas aussi aisément. Il essayait de faire des efforts, prendre son temps. Toutefois, d'une manière tout à fait étrange, les choses qu'il tenait entre ses paumes pouvaient voler de l'autre côté de la pièce, du lieu où il se trouvait. Rien de magique ou surnaturel, juste une incapacité à garder, en sécurité, ce qui se trouve entre ses paumes.

    Suite à cette péripétie, il répondit :

    « Je me nomme Elfège, ravi de faire votre connaissant ! »

    Il décocha un sourire enchanté, tendant sa main par habitude.

    Il en oublia sa seconde question. Son esprit était de nature frivole à vagabonder d'idée et idée, en omettant certaines. Il pensait beaucoup mais se souvenait de peu. Cela explique notamment qu'il se déconcentre rapidement des longs discours. A force de s’interroger et réfléchir, il finit par laisser ses pensées s'envoler, trop submergé par l'intérêt qu'il voue à son contenu mental.

    Mais, au quotidien, il faisait quelques efforts. Un peu. les résultats sont moindres. Limite, ses tentatives sont vaines. Toutefois, il n'arrêtait pas d'espérer, qu'un jour, peut-être, cela finirait par évoluer. Heureusement, il n'était pas amnésique et se souvenait, comme tout le monde, du nécessaire. Le prénom d'une personne et quelques autres banalités.

    Il se souvint alors du lieu où il se trouvait, qu'il discutait avec quelqu'un. Sa main tendue toujours présente, aucun contact physique ou de parole ne l'avaient sortie de sa rêverie, il en conclue que peu de temps s'était écoulé.

    Il se remémora aussi qu'il souriait, qu'il se faisait tard, et les quelques lampadaires et réverbères éclairent encore le port. Encore quelques personnes marchaient de ci, de là. En si peu de minutes, la densité de la population décroissait. Certains magasins ou restaurant s'animaient. Des petites vies s'organisaient à l'intérieur des murs. D'autres restaient en extérieur, avec une fine brise fraiche, une bière et quelques rires. Elfège ne prêtait pas attention à tout cela, trop focalisé sur lui, et la petite discussion qu'il entretenait.

    Samedi 12 Janvier à 19:07
    Fidaè

    (Ah… le manque de temps ! Mais qu'est ce que je te comprends !) 

    Zacaé regarda sa main un instant. Elle hésita un instant, la méfiance toujours très présente, avant de lui serrer la main également. Sa poigne se fit de fer, surprenant pour une femme. Pourtant, elle lui avait prit avec une certaine lenteur mais quand ses doigts se refermèrent sur la main de l'homme, c'est à peine s'il pouvait la bouger. Pourtant, elle n'était pas compressé, il ne devait pas ressentir de douleur mais la dureté de ses muscles assurait qu'il ne pourrait pas retirer sa main sans qu'elle ne soit consentante. . En étant loup-garou, Zacaé était doté de cette force bien plus supérieur à celle d'un humain et de ce fait, ne contrôlait pas toujours la fermeté de ses muscles lorsque le geste se devait d'être doux. Ah ça pour manquer de douceur ! On comprenait pourquoi peu d'humain ne tombaient amoureux d'une louve. Mais il était difficile pour elle de se réguler. Elle était la plupart du temps entouré de sa meute, et entre le loup, la douceur est rarement au rendez-vous. Du moins dans la sienne, de meute. La force mentale et physique primait. La loi du plus fort comme disent les personnes les prenant pour des sauvages. Mais de son point de vu, il était hors de question qu'un loup faible prenne le pouvoir. Ils étaient trop facilement détrônable. Trop facilement manipulable. 

    (j'ai pas le temps de finir, je t'envoie un message privé quand j'aurais fini ^^) (je reprends) 

    Puis elle le lâcha quelques secondes plus tard, s'abstenant de la secouer comme on faisait parfois. Le soleil déclinait toujours et le temps la pressait peu a peu 




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